Surveillance de la population
Une connaissance approfondie du statut de la population et des changements au sein de celle-ci est essentielle afin de développer des mesures de conservation et d’évaluer leur efficacité à protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord. Afin de surveiller la population de l’espèce, les chercheurs conduisent des relevés d’inventaire.
La plate-forme utilisée durant les relevés d’inventaire peut être une embarcation nautique ou un avion. Dans les deux cas, on doit suivre des lignes systématiques de relevé. Ces dernières, aussi connues sous le nom de lignes de transect, consistent en une série de lignes parallèles espacées à intervalle régulier et couvrant la région étudiée. Durant les relevés, l’équipage scientifique comprend deux observateurs balayant les hanches bâbord et tribord dans un rayon d’au moins 4 km et une personne responsable d’enregistrer les données. Les relevés conduits à bord d’embarcations nautiques utilisent des méthodes normalisées consistant à transiter sur des lignes de transect espacées de 5 - 9 km à une vitesse de 20 km/h (11 nœuds) et seulement quand la visibilité est de 4 km (2 mn) et que l’état de la mer est de 4 sur l'échelle de Beaufort. Toutes les baleines observées sont identifiées, dénombrées et la position du navire est enregistrée en utilisant le système de positionnement mondial (GPS). Quand une baleine noire est observée, le relevé est interrompu temporairement pour photographier l’animal. Les relevés aériens sont conduits de façon similaire à ceux fait à partir d’embarcations nautiques mais en volant à une vitesse de 185 km/h (100 nœuds) à une altitude de 230 - 305 m le long de lignes de transect espacées de 3 - 9 km.

a) Observateurs durant un relevé d’inventaire dans le golfe du Saint-Laurent. b) Baleine noire levant la tête et la queue hors de l’eau.
Depuis 1981, de nombreuses institutions, dont le New England Aquarium, ont conduit des relevés d’inventaire dans les eaux canadiennes de la baie de Fundy et du bassin Roseway durant la période de août à septembre. Utilisant la photo-identification et des méthodes d’échantillonnages, ces relevés ont fourni une multitude de renseignements permettant d’évaluer le statut de la population, la survie des baleineaux, et de recréer les déplacements de certains individus. On a également pu évaluer la quantité de contaminants et d’hormones. À la suite de nombreuses observations de baleines noires rapportées par des naturalistes à bord de bateaux de croisière aux baleines, des relevés d’inventaire ont été conduits en 2006 près de la péninsule gaspésienne par le Canadian Whale Institute et le Centre d’études et de protection de la baleine noire du Saint-Laurent. Ces nombreux relevés d’inventaire conduits au Canada ainsi qu’aux États-Unis permettent de surveiller, de façon continue, le rétablissement de l’espèce.

a) Un avion de recherche, Cessna Skymaster 337, photographié en vol. b) Deux chercheurs balayent l’horizon à la recherche de baleines noires durant un relevé d’inventaire aérien. c) Un groupe de trois baleines noires vu à partir d’un avion de recherche.