Sauvetage

Le partage des océans entre les pêcheurs et la baleine noire de l’Atlantique Nord représente un important défi pour la survie de l’espèce. Entre 1986 et 2006, des nécropsies ont été pratiquées sur 39 carcasses de baleines noires. Elles ont démontré qu’au moins 6 des baleines sont mortes à la suite des complications causées par des filets et des lignes de pêche. Douze autres baleines noires ont été observées pour la dernière fois en très mauvaise condition de santé après s’être emmêlées dans du matériel de pêche. De plus, l’analyse des photographies de baleines noires montre que 75% d’entre elles ont des cicatrices causées par des filets et des lignes de pêche 1 . Même si certaines baleines se libèrent éventuellement, plusieurs subissent une mort lente et douloureuse alors que les fils tranchent leurs peaux et leurs os.

a) Une vue aérienne d’une baleine noire de l’Atlantique Nord ayant d’importantes cicatrices à la base de la queue causées par des filets et des lignes de pêche. b) Cette baleine noire, nommée Piper, a été observée pour la première fois en 1993. Depuis, elle s’est emmêlée à deux reprises mais, en avril 2005, elle a été aperçue sans trace d’équipement de pêche.
Afin de venir en aide aux mammifères marins, plusieurs réseaux d’urgence ont été organisés le long de la côte est du Canada et des États-Unis. Dans la majorité des cas impliquants des baleines noires, les tentatives de sauvetage sont coordonnées par le Provincetown Center for Coastal Studies, organisme en parti subventionné par le gouvernement américain. Pour libérer les baleines, les équipes de sauveteurs utilisent des méthodes ancestrales datant de l’époque de la chasse à la baleine comme le kegging (méthode consistant à attacher des bouées pour ralentir et épuiser les baleines), et de technologies modernes comme les balises satellites. Une tentative de sauvetage peut s’étaler sur plusieurs mois. Malgré tous les efforts déployés, seulement 50% des baleines noires sont libérées par les sauveteurs. De plus, de nombreux cas de baleines noires en détresse demeurent inconnus. Afin de prévenir ces cas, des modifications aux méthodes de gestion et à l’équipement de pêche ont été suggérées. On préconise ainsi la fermeture de certaines zones de pêche, l’utilisation de lignes de fond coulantes et de joints brisables sous des tensions pré-determinées. Plusieurs de ces modifications sont présentement appliquées dans certaines régions mais un effort concerté de la part du Canada et des États-Unis est nécessaire afin d’étendre ces mesures dans tout le territoire fréquenté par la baleine noire.

Pour obtenir les coordonnées des réseaux d’urgence au Canada, visitez la page Urgence.

Chronologie

1978
Le Dr John Lien du Whale Research Group à l’Université Memorial à Terre-Neuve commence, avec la participation des pêcheurs locaux, à sauver des baleines à bosse prises dans des casiers à morue.
1984
Le Provincetown Center for Coastal Studies au Massachusetts commence à libérer des baleines emmêlées dans du matériel de pêche.
1990
Création par un groupe de bénévoles du Nova Scotia Stranding Network, maintenant nommé le Marine Animal Rescue Society (MARS) en Nouvelle-Écosse.
1994
Un réseau d’urgence, coordonné par le Provincetown Center for Coastal Studies, est établi aux États-Unis.
1996
Le Provincetown Center for Coastal Studies et le U.S. Coast Guard, en collaboration avec d’autres organisations, développent un programme de réponse rapide afin de faciliter le sauvetage d’animaux en détresse se trouvant dans des endroits difficiles d’accès.
1999 et 2000
Des caches d’équipement utilisé durant les tentatives de sauvetage sont placées dans des endroits stratégiques autour de la baie de Fundy. Des ateliers de formation pour les sauveteurs sont organisés au Canada.
2001
Création du Whale Release and Strandings Group à Terre-Neuve par Wayne Ledwell et Julie Huntington assumant la relève du travail initié par le Dr Jon Lien du Whale Research Group.
2002
L’équipe du Campobello Whale Rescue commence le sauvetage des baleines en détresse dans la baie de Fundy avec la collaboration du Provincetown Center for Coastal Studies, du New England Aquarium, du Centre de recherche sur la vie marine de Grand Manan et de Pêches et Océans Canada.
2004
Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins établit le Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins en association avec le Biodôme de Montréal, Pêches et Océans Canada, Parc Canada, le Parc Aquarium du Québec, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), la Station de recherche des îles Mingan (MICS), le Réseau d’observation des mammifères marins (ROMM), le Centre québécois pour la santé des animaux sauvages (CQSAS), l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent (INESL), la Fondation Québec-Labrador et Amphibia-Nature.
2007
Organisation par MARS d’un atelier sur les réseaux d’urgence dans les Maritimes avec l’appui financier de Pêches et Océans Canada and du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).



1 Knowlton, A. R., M. K. Marx, H. M. Pettis, P. K. Hamilton, et S. D. Kraus. 2005. Analysis of scarring on North Atlantic right whales (Eubalaena glacialis): Monitoring rates of entanglement interaction: 1980-2002. Final Report to the National Marine Fisheries Service. 20 pp. (anglais)

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